Compte rendu de The Lord of The Rings - Millenium Edition


            J.R.R Tolkien, The Lord of the RingsMillenium Edition, London, HarperCollinsPublishers, Seven volume edition 1999.

            L’avènement de l’année 2000 a vu la sortie de quantité de produits commémorant notre sortie du second millénaire. Parmi eux, les fans de Tolkien compteront la Millenium Edition (en langue anglaise) du Seigneur des Anneaux. On y trouvera, regroupés dans une épaisse boîte noire cartonnée, sept volumes et un CD audio.
            Nous avons donc devant nous sept volumes, " numérotés " (le hasard fait bien les choses) " T ", " O ", " L ", " K ", " I ", " E " et " N " sur la tranche. Chacun de ces volumes est au format " hardback " (i.e. grosse couverture cartonnée) de couleur noire avec en couverture de chacun d’eux, en doré et rouge, l’inscription en " noir parler " de l’Anneau Unique et l’œil de Sauron.
            Les six premiers volumes correspondent aux six livres, tels que les a conçus Tolkien. Le septième volume comprend les Appendices et un index entièrement refondu, puisqu’il s’appuie sur une édition totalement repaginée.

            Dans cette édition relativement luxueuse (le papier et l’impression sont de meilleure qualité que les habituels volumes de Harper&Collins), on aurait pu s’attendre à ce que certaines des erreurs textuelles repérées dans les précédentes éditions aient été corrigées. De plus, l’occasion était idéale pour prendre en considération les souhaits de Tolkien sur certains détails graphiques.
            En feuilletant rapidement les différents volumes, on s’aperçoit vite de l’absence de couleurs. Malgré les moyens actuels et la sortie exceptionnelle de cet ensemble, on ne peut toujours pas profiter d’une porte de Durin telle que la souhaitait initialement Tolkien. Par ailleurs, les cartes originellement dessinées par Christopher Tolkien en deux tons (noir et rouge) restent inutilisées. Pire encore, elles ont disparu depuis quelque temps des éditions de Harper&Collins et font toujours place à celles revues (et corrigées) par Stephen Raw, ce dont on ne pourra pas forcément se réjouir (cf. l’article " Du détail géographique : les Emyn Arnen " par Didier Willis, à paraître prochainement)…
            Armé du Corrigenda aux Œuvres Publiées rédigé par Philippe Garnier, j’ai voulu examiner les éventuelles corrections portées sur cette édition. Et fort malheureusement, aucune correction d’aucune sorte n’a été reportée sur cette édition, comme le laissait d’ailleurs supposer la toute première page qui ne faisait aucune mention de correction de texte. Il nous faut donc attendre une hypothétique prochaine édition et chercher un motif de satisfaction ailleurs…

            Cette satisfaction, nous la trouvons avec la bonne surprise de ce pack qu’est le CD audio où sont réunis divers morceaux enregistrés par Tolkien lui-même chez son ami Georges Sayer en août 1952 (voir, à ce sujet, son article " Recollections of J.R.R. Tolkien ", dans le collectif édité sous la direction de J. Pearce, Tolkien : A Celebration, London, HarperCollinsPublishers, pp. 1-16). On y découvre avec un grand ravissement les chansons et poèmes du Seigneur des Anneaux. Quel bonheur et quelle surprise en effet d’entendre Tolkien parler le Quenya ou encore le Black Speech avec l’inscription de l’Unique. Que dire également de la marche des Ents vers l’Isengard ; un vrai bonheur. Au total, ce sont trente-trois morceaux pour plus d’une heure d’enregistrement qui nous sont proposés. Quelques titres encore pour vous donner envie : " Hey ! Come merry dol ! " par Tom Bombadil, " [Gollum] chuckled to himself… " par Gollum, etc.

            Il faut l’avouer, cette énième édition n’apporte pas de grande satisfaction et reste avant tout une pièce destinée aux collectionneurs. Car même si elle est agréable à voir, cette édition n'apporte rien de plus sur le fond qu'une édition classique. Paradoxalement cette édition de prestige a davantage un intérêt auditif que bibliographique. Les éditions Harper&Collins ont manqué là l'occasion de fournir enfin l'édition de référence tant attendue.

Cédric Fockeu

© La Compagnie de la Comté