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Compte-rendu de Vinyar Tengwar
n°41
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Trois
textes linguistiques inédits
Les éditeurs
du fanzine américain Vinyar Tengwar ont déjà
publié, sous l'égide bienveillante de Christopher Tolkien,
plusieurs textes inédits de J.R.R. Tolkien. Mais les premiers documents
ainsi dévoilés, qu'il s'agisse du poème Narqelion 1
ou des dictionnaires elfin et gnomique du Book of Lost Tales 2,
présentaient des états de langues très antérieurs
au Seigneur des Anneaux. La genèse des langues inventées
par l'auteur est certes intéressante, mais on conviendra qu'elle
présente un attrait limité pour une majorité de lecteurs
s'intéressant à l'état abouti de la création
linguistique de Tolkien. Depuis Vinyar Tengwar n°39 (voir notre
recension ci-dessus), nous avons enfin le plaisir de découvrir des
textes plus tardifs. Ce nouvel opus ne déroge pas à la règle,
et ne contient pas moins de trois notes écrites par l'auteur entre
1959 et 1960.
Le premier document,
édité sous le titre « Etymological Notes on the
Ósanwe-kenta », se présente comme une courte
liste de racines elfiques dont la forme n'est pas sans rappeler les Etymologies
de la fin des années 30. Le vocabulaire dérivé de
ces racines primitives rattache sans équivoque cette note à
l'Ósanwe-kenta de 1959-1960, précédemment publiée
dans Vinyar Tengwar n°39. Le second passage, « From
The Shibboleth of Fëanor », donne - comme son
nom l'indique - une note que Christopher Tolkien n'avait pas jugé
utile d'inclure dans sa présentation du Shibboleth of Fëanor
dans The Peoples of Middle-earth (Home XII, HarperCollins Publishers,
1996). Les éditeurs en ont aussi profité pour inclure les
noms sindarins des sept fils de Fëanor, que Christopher Tolkien avait
uniquement évoqués dans son ouvrage (en note 65, p. 366).
L'ensemble de ces éléments permet donc de rétablir
le texte de J.R.R. Tolkien dans son intégralité. Dans les
papiers associés au Shibboleth of Fëanor se trouvait
aussi un court texte inachevé, qui aurait probablement constitué
un essai conséquent sur la signification du mot quenya óre
et de ses divers équivalents en telerin et en sindarin. Ces « Notes
on Óre », dernier petit bijou de cette publication
à teneur éminemment linguistique, s'arrêtent malheureusement
de manière assez abrupte 3.
Comme pour notre
compte-rendu de Vinyar Tengwar n°39, nous pourrions à
loisir commenter les importantes révélations que nous apportent
ces textes, et indiquer quels ajustements il convient d'effectuer par rapport
à la compréhension que nous avions jusqu'alors de ces langues
inventées. A défaut de pouvoir être exhaustif ici,
nous n'en ferons rien. Pour mesurer l'intérêt de ces inédits,
qu'il suffise de savoir que nous avons, dans le désordre :
une nouvelle phrase elfique (donnée dans trois langues, quenya,
sindarin et telerin), de nombreuses précisions sur l'aoriste, une
nouvelle forme de l'infinitif, un exemple de phrase avec un verbe impersonnel,
et bien entendu un cortège de nouveaux mots... Pour ne rien gâcher,
la présentation du texte est très claire et complétée
par un appareil de notes éloquent.
Nos réserves
seront les mêmes que précédemment : hormis une
toute petite note sur la barbe des Elfes (!), nous n'apprendrons rien
ici sur la Terre du Milieu et son univers légendaire. Cette publication
s'adresse, plus encore que Vinyar Tengwar n°39, aux Lambendili,
aux amoureux des langues elfiques. Pour ceux-là, ces textes seront
sans aucun doute incontournables, mais les autres lecteurs, en revanche,
pourront probablement en faire l'économie.
Didier Willis,
Novembre 2000
1. Vinyar Tengwar n°40, avril 1999, pp. 5-32.
2. Parma Eldalamberon n°12 (Qenyaqetsa), 1998, et Parma Eldalamberon n°11 (I Lam na Ngoldathon), 1995 (épuisé). Voir aussi The Book of Lost Tales volume I (Home I, Allen & Unwin, 1983), pp. 246-247.
3.
Comme n'auront pas manqué de le remarquer les calligraphes en herbe,
óre est aussi le nom d'une lettre utilisée pour représenter
un /r/ (non roulé) dans le système d'écriture elfique développé
par Fëanor, les Tengwar (Le Seigneur des Anneaux, appendice F).
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