
Beowulf est un sommet de la poésie anglo-saxonne. D'un auteur inconnu,
en langue anglo-saxonne, ce poème raconte une très ancienne légende
des races germaniques. L'Aventure originale de Beowulf fut écrite aux
environs du XIème siècle. Cette légende prit forme chez
les Angles, alors qu'ils se trouvaient encore en Allemagne du Nord, vers le
VIème siècle et décrit les aventures d'un grand guerrier
scandinave. Elle ne concerne pourtant ni les Angles, ni les Saxons, mais les
Danois dans leurs rapports avec les Goths, quand ils résidaient encore
en Suède méridionale.
Contrairement aux mythes celtiques qui décrivent des combats contre des
géants aquatiques, Beowulf (et les histoires germaniques plus généralement)
parle de héros affrontant des monstres plutôt que des adversaires
aux pouvoirs magiques. Ceci s'oppose aux concours de "coupage de têtes"
qui virent s'affronter le grand héros et champion de l'Ulster Cuchulainn
et Uath, ou encore Gauvain et le Géant Vert ; en effet, dans ces traditions,
les monstreux adversaires avaient le pouvoir de revenir à la vie après
avoir eu la tête tranchée.
Beowulf est le plan ancien texte de la littérature épique Britannique.
Seul un exemplaire a traversé le temps, il est d'ailleurs partiellement
endommagé après l'incendie qui a touché la bibliothèque
de Sir Robert Bruce Cotton en 1731. Ce manuscrit rescapé est maintenant
conservé au British Museum de Londres.
Beowulf a été porté sur grand écran, la sortie a
eu lieu il y a quelques semaines, certains d'entre vous l'ont peut-être
vu. Malheureusement, comme bien des fois, l'adaptation pour le cinéma
est un échec. Cette formidable histoire est gâchée; par un
jeu d'acteurs très insuffisant, des dialogues affligeants et des effets
spéciaux moyens. Bref, rien d'inoubliable.
Plutôt que de rester sur cette insatisfaction, je vous propose de lire
le résumé que je vous ai préparé. De larges extraits
accompagnent chaque fait important de l'histoire. Le traducteur émet
ses réserves quant à la difficulté de traduction d'une
telle oeuvre. A l'origine du vieil-anglais, Beowulf a été traduit
dans un anglais moderne. De l'anglais au français, cela fait deux traductions
successives du même texte. Mais l'on retrouve le phrasé et le rythme
si particulier de cette époque, c'est un régal.
Les extraits donnés ici sont parfois séparés par trois
points (...), cela marque une coupure dans la linéarité du texte.
Sans ces coupures, les extraits auraient été trop longs.
| Résumé |
Beowulf était un héros germanique qui tua deux monstres marins.
Son histoire se déroule au Danemark.
Chaque nuit, une épouvantable créature appelée Grendel
se rend au palais du roi Hrothgar et dévore les hommes qui s'y trouvent.
Malgré les guerriers du plus grand courage qui s'interposent à
Grendel, tous périssent.
| "Quand descendit la nuit Grendel vint aux abords de la demeure infortunée. Qu'y vit-il ? Il y vit les nobles compagnons dormant après ripaille, oublieux du souci, que bien pourtant on sait que l'homme ne peut éluder. Le damné fou de rage et de sang assoiffé sur les couches se précipite, d'hommes prend trente et ce butin emporte en ses réduits." |
Arrive alors Beowulf qui fait la promesse à Hrothgar d'éloigner
du pays le péril qu'est la bête. Grendal fait alors une nouvelle
apparition au château et, bien qu'invulnérable, Grendel fut capturé
par Beowulf et ne parvint à se libérer de sa puissante étreinte
qu'au prix d'un bras.
Mortellement blessé, Grendel ne put que rejoindre le lac tout proche
pour s'y éteindre.
Très satisfait par la force et le courage de Beowulf, Hrothgar le couvrit
de cadeaux car son royaume était maintenant débarassé de
toute menace.
| "Hrothgar sur le perron s'arrête et sous la voûte voit la main. Sa voix s'élève et dit : "Au Tout-Puissant que grâces soient rendues ! Par cette main j'ai tant souffert que je n'espèrais plus (sachant pourtant que Dieu peut accomplir miracle sur miracle) que rien tant que je serais vivant viendrait jamais mom mal guérir." ... "Mais voici que doué d'une force divine un homme a réussi ce que timides nous n'avions osé même tenter. Bien a sujet la femme si vit-elle qui cet homme a porté dans la race des hommes de louer le Père Eternel, et toi Béow parmi les foudres des combats je veux comme mon fils en mon coeur te chérir." ... "Hrothgar à Béow donne en prix de sa victoire enseigne d'or, heaume et cotte de mailles, épée dont tous les yeux voient scintiller la gloire." |
La faute que Beowulf et Hrothgar ont commise fut d'oublier la mère de
Grendel, créature bien plus redoutable encore. Elle vint alors chercher
vengeance et fit d'autres victimes.
Beowulf se mit à sa poursuite, la suivit dans un lac et plongea jusqu'à
la caverne qui lui servait de repaire. Au cours du combat qui s'ensuivit, Beowulf
s'aperçut que son épée lui était inutile et impuissante
face à un tel monstre. Fort heureusement il eut la chance, tout comme
Arthur, de trouver une autre arme magique dans l'eau et l'utilisa pour achever
sa victoire sur la mère de Grendel.
| "De son épée l'assaut lui
donne, sur sa tête le fer résonne et l'étranger comprend que contre l'étranger nulle arme ne saurait valoir, que toute faut dès l'instant qu'on a besoin d'elle. Et cependant Hrunting vainquit maint ennemi, rompit maint heaume et mainte cotte et jusqu'à ce jour d'hui jamais ne mentit à sa renommée. Mais ne faut à Béow ce qu'il a de plus cher, son coeur de neveu d'Higelac. Son épée inutile il jette à terre et dans sa force nue met son espoir. Ainsi doit en user qui longue gloire veut avoir. Sa vie sans crainte de la perdre il doit mettre en péril." ... "Car il avise alors entre les armes qui là dorment un glaive antique que mains de géants seules ont pu porter. Sa lame est sans pareille et de si grande taille que force humaine ne la saurait soulever. Lui s'en saisit et sans penser à sa vie frappe et tranche le cou de la bête et lui brise les os. Dans sa chair la lame sanglante s'enfonce, elle chancelle et le héros se réjouit." |
Ayant une nouvelle fois sauvé le royaume du roi Hrothgar, Beowulf rentra
chez lui dans le sud de la Suède, où régnait son père,
un souverain populaire. Mais un dragon attaqua le pays.
| "Crachant son feu le ver les riches maisons incendie et sa terreur sur les hommes s'étend. Celui qui vole en l'air n'en veut aucun laisser vivant. Partout no voit la marque de la guerre et partout les stigmates de l'envie et de la haine inextinguibles de ce ravageur. Avant que l'aube pointe, ayant noyé le peuple goth dans un déluge de feu et de flammes, il a regagné ses pénates et croit en sa candeur que le sauront défendre ses murs et sa force et son art." |
Parti avec douze compagnons pour tuer le dragon, tous sauf un l'abandonnèront
à la vue du Dragon, terrorisés. Beowulf, aidé de son fidèle
Wiglaf, le seul qui réussit à dominer sa peur grâce à
sa fierté et sa fidelité, ira défier le ver dans son antre,
triomphera mais y laissera lui-même la vie.
| Extraits |
Daniel RENAUD, "Le poème Anglo-Saxon de Beowulf",
quatrième de couverture :
"Le seul énoncé des origines
de Béowulf suffit à en évoquer toute l'importance. Nous
sommes plongés dans un univers où paganisme et christianisme naissent
se partagent la vision de ces hommes du haut Moyen Age. Le personnage de Béowulf,
roi des Goths, ennemi des Francs, est devenu historique. Mais le plus extraordinaire,
dans cette chronique des temps les plus oubliés, se situe au niveau de
la restitution des moeurs et coutumes. La vie dans les châteaux entourés
de palissades, les vastes salles ouvertes sur la mer parcourues par les navires
pirates, les festivités qui concluent les aventures les plus périlleuses.
Un monde sauvage, naïf, d'une fraîcheur païenne communicative,
traverse ces pages miraculeusement préservées."
Ci-après, je vous donne à lire les premiers chapitres, dans leur
intégralité, de Beowulf. Vous pourrez suivre le phrasé
typique de cette époque, le vieux français (rappelons que c'est
une traduction), cette ambiance qui nous frappe qui se situe dans des temps
bien reculés dont nous connaissons, en définitive, que peu de
choses.
Beowulf, Chapitre I
Beowulf, Chapitre II (à venir très prochainement)
Beowulf, Chapitre III (à venir très prochainement)
| Les autres textes Anglo-Saxon |
D'aucuns disent que le périple de Frodon et Sam en terre de Mordor en
vue de la destruction de l'Anneau s'assimile à une quête. Pour
Frodon, c'est donc un peu la Quête du Graal
Même si les références ne sont pas toujours évidentes,
vous pouvez toujours vous faire votre opinion en lisant l'extrait suivant.
La Quête du Graal.
Gandalf, figure paternaliste, guide et mentor n'est pas sans nous rappeler un
autre magicien bien connu : Merlin l'Enchanteur.
Le Cycle Arthurien.
| Sources & Références |
![]() |
Daniel RENAUD, "Le poème Anglo-Saxon de Beowulf". Editions "L'Age d'Homme". |
Beowulf vu par l'encyclopédie Universalis.
| Liens |
The
Adventures of Beowulf : Ce site administré par David Breeden présente l'adaptation la version
anglaise, dans son intégralité, de Beowulf. Le plus de ce site
est l'association d'illustrations originales de Randy Grochoske
au texte (une illustration par chapitre).
Electronie
Beowulf : Ce site propose de découvrir le "sauvetage"
du seul texte ancien retrancant l'histoire de Beowulf. Touché par un
incendie en 1731, la totalité est en cours de numérisation pour
offrir par la suite la Version Electronique de Beowulf.
